L'EXPLICATION

L'EXPLICATION


Déshumaniser pour pouvoir frapper:

Le processus qui permet de frapper aujourd'hui la population de Gaza avec une telle violence est entamé depuis longtemps. Pour pouvoir frapper ainsi il faut avoir déshumanisé la cible aux yeux de sa propre population et de la communauté internationale.

Rabin disait pendant Oslo qu'il rêvait de voir Gaza engloutie dans la mer. Comme s'il ne s'agissait que d'une bande de terre vierge de tout être humain. C'est sous son gouvernement que Gaza est entourée d' une barrière de «sécurité» électronique, inaugurant la politique d'enfermement de toute la population palestinienne des territoires occupés, en Cisjordanie aussi, par un mur dit « barrière de protection» dont la construction est aujourd'hui en voie d'achèvement .

Le retrait unilatéral de Gaza en septembre 2005 achève de nier à tout responsable politique palestinien le statut de partenaire de négociation, d'ôter à toute la population de Gaza le droit de rappeler qu'elle a vécu 38 ans d'enfer avec l'occupation militaire et de dépossession par les 8000 colons, et cela bien avant que le Hamas ne soit élu. ( Rappelons nous du sort tragique réservé au très laïque chef historique palestinien Yasser Arafat, emprisonné dans la Muqata'a jusqu'à sa très suspecte maladie mortelle.)

Janvier 2006 les élections législatives reconnues exemplaires par tous les observateurs internationaux donnent la majorité au Hamas.

Juillet août 2006, l'opération «pluie d'été» soigneusement calée sur l'invasion du Libanpermet de frapper pendant des semaines une population désarmée à l'ombre de la guerre qui occupe les écrans internationaux.

Juin 2007 les sbires de Dahlan armés par Israël tentent un coup de force contre le Hamas, pour reprendre le contrôle de Gaza, échec qui permet la dernière étape: Septembre 2007 Gaza avec son million et demi d'habitants est décrétée « entité hostile » perdant par cette définition tout statut politique et humain. “Le mouvement islamiste Hamas est une organisation terroriste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza et en a fait une entité hostile. Cette organisation mène des activités hostiles contre l'Etat d'Israël et ses citoyens et elle est donc responsable de ces activités“.communiqué de la présidence du conseil israélien sept. 2007 et Condolezza Rice confirme aussitôt la portée internationale de cette décision: “Le Hamas est une entité hostile pour les États-Unis aussi“, dit-elle lors d'une conférence de presse avec son homologue israélienne Tzipi Livni. Elle assure cependant aussi: “Nous n'allons pas abandonner les Palestiniens innocents” dans la bande de Gaza, soulignant que ce territoire ainsi que la Cisjordanie constitueraient “le futur État palestinien“. Le siège de la population de Gaza est alors décrété, la privant de tout moyen de subsistance et de soins. Et cela fait 18 mois, bientôt 19.

On a ainsi habitué soigneusement de façon calculée et progressive la «communauté internationale» à oublier un million et demi d'êtres humains, hommes femmes et enfants pour ne voir dans Gaza, que des dirigeants islamistes menaçant Israël et dont il faut se débarrasser à tout prix. A tout prix! Même si le prix c'est 100 tonnes de bombes par jour, et des dizaines de missiles, 350 morts, 1600 blessés, en 48h et ce n'est qu'un début nous disent les porte parole de l'armée et du gouvernement israéliens.

Se gagner les gouvernements néo libéraux de l'U.E:

Parallèlement, depuis 2001 le gouvernement néo conservateur américain inspire l'U.E. Son idéologie gagne l'Europe et l 'association islam = terrorisme s'y impose progressivement. Les notions de résistance nationale sont gommées par la mondialisation version étasunienne : en Irak, au Liban en Palestine, les peuples menacés envahis sont devenus des peuples terroristes. Sharon a su très tôt profiter de cette opportunité mondiale, et se placer avec sa politique dans le «camp du bien» avec l'occident, au service de l'Occident même, en lutte contre «l'axe du mal».

C'est ainsi que l'UE n'a pas suivi les recommandations de la cour de justice de la Haye demandant des sanctions sur le Mur. Elle a refusé de faire la différence entre les produits issus des colonies et les produits israéliens sur ses marchés, elle a refusé, contre le vote son parlement, de suspendre l'accord d'association avec Israël, et vient à nouveau de décider contre son Parlement d'un rehaussement de ses relations avec Israël qui fera de ce dernier un quasi membre de l'UE. N'est ce pas là un blanc seing accordé à l'occupation et la colonisation et aujourd'hui au massacre? Au lieu de sanctions pour exiger un comportement conforme au droit international, l'UE offre des récompenses à un État voyou, et son intégration progressive pour services rendus: Israël resterait ainsi conforme à ce qu'en disait son premier concepteur Hertzl un bastion avancé de la civilisation (européenne-occidentale) contre la barbarie. Une Europe qui ne serait pas si lointaine de l'Europe coloniale du 19e siècle et de ses conceptions: Pourquoi lutter contre le mur alors que l'on en construit aux portes de l'Europe, et contre les violations des droits humains alors que l'on traite les réfugiés de la faim post coloniaux, et sans papiers dans les anciennes métropoles, comme des criminels et du bétail. Cette même Europe n'a pas hésité à punir les victimes de la politique coloniale israélienne en bloquant toute aide aux Territoires Occupés Palestiniens après le résultat des élections qui ont porté le Hamas au pouvoir
.

Les grands medias français:

La nausée de ces jours ci n'est pas due aux excès de la période de fêtes. Il suffit d'écouter en boucle France Info, ou de regarder les chaînes de télévision pour se faire une idée de la réussite de cette stratégie de déshumanisation. Escalade des violences, Il s'agit d'une guerre entre Israël et le Hamas, La seule gauche israélienne interrogée sur France Info se résume à ceux qui soutiennent l'offensive contre le Hamas, c'est à dire la représentante de La Paix Maintenant Israël: Galia Golan qui déclarait tristement hier, qu'il fallait bien que s'arrêtent les tirs sur le sud d'Israël et protéger les israéliens. Et aujourd'hui Denis Charbit sur le même ton de «on tire on pleure» répète que cet affrontement était inévitable. LPM croit donc aux solutions militaires dans la région, surtout lorsqu'il s'agit du Hamas, et soigne ses états d'âme comment rester humain ( yeffe nefesh en hebreu: belle âme) et sioniste, pendant l'invasion du Liban, le massacre à Gaza? Difficile de se dire progressiste, de gauche, humaniste, et défendre en même temps les positions de l'extrême droite sur le terrain. LPM y pourvoit. Meretz aussi: les sionistes de gauche laïcards à la sauce israélienne cautionnent le bain de sang avec les travaillistes. La télévision française (France2) reprend ce soir quant à elle littéralement la propagande israélienne: le Hamas a fait 400 morts israéliens en 10 ans, ne respecte pas les trêves(!) il n'y a que 56 civils dans le 350 morts de cette opération militaire(!!). Les kassams et la vie infernale qu'ils imposent aux israéliens du sud sont les responsables.

Comme si la bande de Gaza n'était pas bombardée toute les nuits depuis 2 ans bientôt, comme s'il y avait une quelconque comparaison possible entre la puissance de feu de la 4e armée du monde, et celle de quelques dizaines de militants du Jihad Islamique Oserait-on comparer l'état de la ville de Sderot et celui de Rafah de Khan Younis ou de Gaza? Le nombre de civils tués par les tirs israéliens sur Gaza et celui des tués dans le sud d' Israël pendant les 10 dernières années? Morbides guerres de chiffres et d'images? Certes, alors que l'on montre les deux situations ou que l'on ait la décence de se taire. Mieux vaut le silence au mensonge.

Et puis on a la mémoire bien courte: Combien de militants du Fatah ont été assassinés par Israël dans les «assassinats ciblés» avant que l'on s'attaque au Hamas? La coupure totale de Gaza instaurée par le gouvernement israélien , l'impossibilité pour les dirigeants politiques palestiniens de circuler entre Gaza et la cisjordanie, la violence incroyable exercée depuis longtemps contre Gaza n'ont-elles pas permis et favorisé la montée du Hamas? Combien de centaines de civils palestiniens hommes femmes et enfants civils désarmés ont été arrêtés et croupissent des mois voire des années sans procès ou jugés par des tribunaux militaires d'occupation c'est à dire illégaux, dans les prisons israéliennes parmi les 11 000 prisonniers? Combien de destructions de plantations et d'habitations dans les territoires occupés depuis 9 ans? Combien de trêves respectées des mois durant par le Hamas et violées sciemment par les successifs gouvernements israéliens? Combien de villes et villages palestiniens encerclés par le mur avec une seule porte d'entrée et de sortie contrôlée par les soldats, combien de femmes enceintes et de malades morts sur les checks points?

Nos principaux grands médias sont devenus les valets de la pire des propagande de guerre ils entérinent jour après jour l'effacement de l'occupation de la colonisation et du découpage de la Cisjordanie peuplée aujourd'hui de 450 000 colons, et du siège infâme de Gaza. Ce soir devant la tente de protestation place de la fontaine des innocents un des slogans crié par la foule était: "MEDIA MONTREZ LA VERIETE"

En Israël consensus et propagande:


Le gouvernement israélien avec l'aide de ses media met le paquet sur la société civile israélienne qu'il fait vivre artificiellement dans une véritable atmosphère de guerre de survie: «Un demi million d'israéliens sous le feu» titrait dimanche le Yedioth Ahronoth – comme si la bande de Gaza n'était pas soumise à un long siège qui a détruit pour toute une génération les chances d'une vie qui vaille la peine d'être vécue.» écrit Tom Seguev dans le Haaretz 29 décembre.

Des centres d'urgence psy et de prise en charge des victimes du sud sont ouverts, on parle de transférer dans le nord la population du sud, comme on l'avait fait avec les populations du Nord vers le Sud pendant la dernière invasion du Liban. Comme s'il y avait une commune mesure entre la puissance et la fréquence des tirs du Hezbollah avec celles du Hamas.

Je me souviens de l'été dernier, un ami israélien revenant d'une visite à ses amis près de Tseelim Kibboutz voisin la bande de Gaza et qui racontait ébahi comment toute la famille se baignait dans la piscine et entendait en même temps les bombardements sur Gaza. J'ai passé en février dernier quelques jours de vacances dans le sud d'Israël avec des amis, et le beau temps aidant nous y avons cotoyé de très nombreux touristes israéliens qui ne semblaient pas plus terrorisés que nous par les Kassams.

L'atmosphère de la rue confirmée par les dernières statistiques est celle d'un consensus féroce, 83% de la population soutiendrait l'attaque meurtrière, pour sa propre protection. Le vieux consensus forgé depuis toutes les guerres: nous sommes les victimes nous devons nous défendre, auquel se rajoute le sentiment que cette fois ce ne sera pas comme en 2006 l'échec, mais que l' on peut gagner... et pour cause.

Les Palestiniens d'Israël eux, révoltés par le massacre protestent tous les jours dans leurs villes et villages et dans les grandes villes avec les anticolonialistes israéliens. Très surveillés par la police et l'armée qui procède à des arrestations de plus en plus nombreuses. Pour eux c'est aussi l'heure de vérité: jusqu'à quand les discriminations de plus en plus grandes et à présent inscrites dans les lois, jusqu'à quand la citoyenneté de seconde zone dans un État juif où ils sont tolérés et sous contrôle renforcé, considérés chez eux comme l'ennemi de l'intérieur.

La stratégie du pire:

Il faut tout de même se poser la question du but recherché par le gouvernement israélien au delà des intérêts électoraux de cette campagne, qui d'ailleurs pourrait s'avérer peu rentable pour Livni et Barak et finalement profiter à Netanyaou -on ne fait pas une politique de droite mieux que la droite elle même après tout. Qu'attendent donc les dirigeants israéliens de l'opération «Plomb fondu», que le Hamas se rende à l'armée, quitte Gaza, renonce au résultat de ses élections, et permette à l'AP de reprendre les rênes ? Et après? Cela avancerait-il des négociations de paix? Pour le croire il faudrait que l'on ait pu enregistrer un quelconque progrès des négociations rencontres entre Abbas et Olmert depuis 13 mois. Un check point a -t-il été levé en Cisjordanie? Une colonie démantelée? Une promesse tenue sur Jérusalem? Le point mort absolu, pire, la colonisation se poursuit, l'annexion de Jérusalem se parachève.

Transformer la résistance palestinienne à l'occupant en guerre civile inter palestinienne telle a été jusqu'ici la stratégie israélienne de ces dernières années et elle a fonctionné. Pendant des mois on a vu la police palestinienne formée par le général Dayton faire la chasse aux militants du Hamas, tout récemment regarder le pogrom de Hébron, les bras croisés, expliquant qu'elle n'est pas habilitée à intervenir contre les colons (comprendre qu'elle n'est habilitée qu'à frapper les militants Hamas). Mahmoud Abbas a même commencé par déclarer l'attaque israélienne sur Gaza justifiée, comme il avait précédemment encouragé Barak à durcir le siège pour faire plier Hamas. Cependant la violence exercée sur Gaza et dans les TOP pourrait se renverser la situation et mettre en échec cette stratégie: Les Palestiniens pourraient fort se ressouder devant l'adversité et retrouver l'union nationale qui reste leur principal atout. C'est ce que la rue palestinienne exprime en ce moment même de toutes ses forces et partout.

Le monde arabo musulman bouillonne de colère contre cette agression et la complicité ou la lâcheté de ses propres dirigeants.

En Europe la brutalité sans limite israélienne n'échappe pas aux opinions qui se méfient de leurs médias aussi bien que de leurs dirigeants actuels à leur propre égard. Chaque citoyen et habitant des quartiers populaires, attaqué et affaibli dans sa vie quotidienne, et dans ses droits, par des discriminations sociales grandissantes organisées par ses gouvernements associés dans l'UE, apprend à ses dépends à faire la différence entre ce qu'il vit et ce qu'on lui raconte, et ce que vivent les hommes ailleurs et la version officielle. La mondialisation a aussi son versant populaire .

La politique israélienne fondée sur la force brutale et la négation des droits fondamentaux des Palestiniens ne peut trouver écho dans nos cités et nos quartiers. Elle y éveille comme dans le monde arabo-musulman une immense colère. La seule chance de survie d'une population juive dans le Moyen Orient de demain passerait donc paradoxalement par l'imposition des normes du droit international à l'Etat voyou qui les viole toutes aujourd'hui. Et si la communauté internationale ne parvenait pas très rapidement à imposer par des sanctions sévères le retour d'Israël à la raison, dans le rang des Etats de droit, elle ne pourrait qu'assister impuissante à un véritable déferlement de haine sur sa population et par extension sur les juifs du monde pris en otage de cette politique depuis des années maintenant. Les anticolonialistes israéliens, quelques milliers qui tentent désespérément de faire entendre raison dans leur société, appellent aujourd'hui à l'intervention internationale pour que cesse la folle escalade de la violence israélienne.






Source : www.millebabords.org/spip.php?article9904 - 61k

# Posté le mercredi 07 janvier 2009 10:31

Gaza, Palestine ; Israël mène une guerre contre un peuple

Gaza, Palestine ; Israël mène une guerre contre un peuple
L'Europe, aujourd'hui complice, doit au contraire agir pour mettre sans délai un terme aux bombardements israéliens, au siège de Gaza et imposer la paix et le droit international.
Israël a déclaré la guerre à la population palestinienne dans la bande de Gaza. Depuis le 27 décembre, ce petit territoire où s'entassent un million et demi de Palestiniens –dont deux tiers de réfugiés issus de l'expulsion de 1947-1949- s'est transformé en cortège funèbre quasi-permanent. Le bilan des bombardements israéliens ne cesse de s'alourdir. Il se chiffre en centaines de morts, parmi lesquels de nombreux enfants -dont cinq fillettes d'une même famille-, en milliers de blessés, en destructions massives. Les hôpitaux sont littéralement surchargés, débordés, et ne peuvent répondre à l'urgence, ce d'autant plus que des mois et des mois de blocus imposé par Israël avec un appui international dévastateur les ont privés de tout, médicaments et matériels. Pour la seule journée de samedi, 64 avions ont tiré plus de cent tonnes de bombes en plusieurs vols. Israël a déclaré le nord de la bande de Gaza « zone militaire fermée » et l'hypothèse d'une offensive terrestre est sérieuse, avec des chars massés à la frontière et l'appel aux réservistes. La population palestinienne est victime de crimes de guerre israéliens à grande échelle. L'affirmer n'est pas un slogan, c'est un fait au regard de la quatrième convention de Genève et les dirigeants israéliens devront pour cela être jugés. La violence imposée par la force militaire d'Israël est d'une ampleur inédite depuis l'occupation de Gaza en 1967, voici plus de quarante ans. Elle n'est pas sans rappeler cependant l'offensive israélienne de 1971-1972 sous l'égide d'Ariel Sharon contre la bande de Gaza et sa population, l'offensive « Remparts » qui a ravagé la Palestine occupée en 2002 et les bombardements qui ont dévasté le Liban à l'été 2006 : une guerre, perdue par Israël, et dont visiblement ses dirigeants n'ont tiré aucun enseignement.

Négligeant d'autres leçons de l'histoire, les dirigeants israéliens, en pleine campagne électorale alors que le Premier ministre Ehud Olmert a dû démissionner pour des affaires de corruption, se sont lancés dans une concurrence meurtrière de démonstration de force, au prix et au mépris des vies humaines comme de l'avenir. Une réédition de campagnes électorales précédentes menées sur la base de surenchères nationalistes et guerrières. Tzipi Livni, en perte de vitesse face à Benyamin Netanyahou, semble oublier que rarement les copies parviennent à gagner face à l'original. On se souvient, par exemple, de la victoire du Likoud qui a suivi l'intermède gouvernemental de Shimon Pérès après l'assassinat d'Yitzhak Rabin en novembre 1995, intermède marqué par l'assassinat de Yahia Ayyash (Hamas) à Gaza suscitant alors une vague d'attentats en Israël et par l'aventure guerrière elle aussi particulièrement meurtrière au Liban.

Mais la guerre contre le peuple palestinien, qui se poursuit grâce à l'impunité que permet la complicité des Etats notamment occidentaux, s'accompagne aussi d'une guerre idéologique et médiatique destinée notamment à l'opinion publique occidentale et que relaient avec complaisance dirigeants occidentaux et une partie des médias. Un discours qui, comme le démontrent les multiples manifestations citoyennes partout en Europe (outre celles dans le monde arabe et dans le reste du monde, mais également celle d'un millier de pacifistes et anticolonialistes israéliens à Tel-Aviv), ne fonctionne pas comme le souhaiteraient ses promoteurs, mais qu'il faut cependant continuer à dénoncer pour ce qu'il est et dont il importe de démasquer le contenu.

C'est Tzipi Livni elle-même, ministre israélienne des Affaires étrangères, qui en a tracé les grandes lignes dans un discours aux diplomates étrangers. Que dit-elle ? Que la bande de Gaza est libérée depuis plusieurs années ; que la bande de Gaza aurait pu devenir le berceau du futur Etat palestinien ; qu'Israël a respecté les six mois de trêve ; que c'est le Hamas qui a rompu la trêve ; que la guerre d'Israël n'est qu'une riposte et est dirigée contre le Hamas et non contre le peuple palestinien ; qu'il s'agit d'une guerre entre les extrémistes et les modérés et que le Hamas est l'ennemi non seulement d'Israël mais aussi de tout le « monde libre ». C'est là finalement l'objectif essentiel de cette guerre idéologique : non seulement les dirigeants israéliens, conscients de l'émotion et de la colère que suscitent leurs crimes de guerre dans le monde entier, veulent poursuivre leur guerre contre un peuple en toute impunité, mais en outre, en tentant d'inverser toutes les donnes du conflit, ils souhaitent inscrire leur guerre dans le contexte d'un conflit des civilisations où le Hamas serait un ennemi commun du « monde libre ».

Or, revenons sur chacun des ces thèmes.

La bande de Gaza libérée depuis plusieurs années ? Qui le croira ? La bande de Gaza a été transformée par Israël en prison, non pas à ciel ouvert, mais à ciel couvert par les raids meurtriers réguliers israéliens. L'armée la cerne par terre, mer et ciel, multipliant « incursions » et bombardements. Toutes les ONG palestiniennes, internationales, les associations israéliennes de défense des droits humains, les institutions compétentes des Nations unies dénoncent depuis des mois et des mois le siège et ses conséquences humanitaires, économiques, sanitaires catastrophiques. Est-ce le sens que Tzipi Livni donne au mot liberté ? Israël a décrété la bande de Gaza « entité hostile ». Une déclaration de guerre à un territoire et à son peuple. Et là encore, une violation de la quatrième convention de Genève qui impose des devoirs à la puissance occupante ; or maintenir une population sous blocus est bel et bien une forme –perverse et d'une incroyable violence- d'occupation. Israël, avec la complicité des Etats notamment occidentaux, croyait-il réellement, défiant le résultat élections palestiniennes, isoler le mouvement de la résistance islamique en affamant un peuple ? L'Histoire a déjà donné la réponse : elle est rigoureusement inverse.

La bande de Gaza aurait pu devenir le berceau du futur Etat palestinien ? Non seulement la Palestine ne se divise pas. Mais en outre, Dov Weisglass l'a déclaré au moment du redéploiement des colons et des forces armées israéliennes à l'extérieur de la bande de Gaza : cette opération devait permettre de « geler la négociation dans le formol ». Les colons de la bande de Gaza, pour la plupart, ont été « relogés » dans des colonies en Cisjordanie. Le nombre de celles-ci et de constructions dans les colonies a littéralement explosé depuis, et tout particulièrement depuis la rencontre d'Annapolis, conduisant à l'échec prévu de ce processus, une fois encore en toute impunité. De la même façon se sont poursuivis la construction du réseau de murs illégal profondément à l'intérieur du territoire palestinien occupé, la multiplication de nouveaux barrages militaires empêchant eux aussi tout mouvement de population et de marchandises, étouffant toute économie, la confiscation des terres et des ressources d'eau palestiniennes, la destruction de maisons, en particulier à Jérusalem et dans son arrière pays, les arrestations de masse que les libérations au compte-gouttes ne camouflent qu'aux yeux de ceux qui soutiennent inconditionnellement la politique israélienne, les assassinats, « ciblés » ou non... C'est aussi pour tenter de faire oublier ce sabordage programmé du « processus » dit d'Annapolis et leur refus de l'établissement d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, comme pour mettre un terme à toute perspective de négociation, que les dirigeants israéliens mènent aujourd'hui cette guerre contre la population palestinienne de la bande de Gaza.

Israël a respecté les six mois de trêve ? Mais, contrairement à ce que celle-ci prévoyait, le siège n'a cessé de se durcir. Qui plus est, dès le 4 novembre, un raid israélien a conduit à l'assassinat de six militants du Hamas, comme une provocation au pire. Qui aurait pu croire dès lors un instant que celui-ci serait resté impassible au lendemain de la fin de la trêve ? Nul ne peut dès lors prétendre que c'est le Hamas qui a rompu la trêve et que la guerre d'Israël n'est qu'une riposte.

La guerre israélienne est dirigée contre le Hamas et non contre le peuple palestinien ? Qui peut le croire au vu de la configuration de ce territoire surpeuplé et du bilan des bombardements israéliens ? Et qui croira qu'en semant la mort et la désolation les dirigeants israéliens récolteront autre chose que la haine et la colère de tout un peuple ? Ce choix israélien du pire et de la guerre est aussi, au contraire, une menace d'embrasement de toute la région.

Il s'agit d'une guerre entre les extrémistes et les modérés et le Hamas est l'ennemi non seulement d'Israël mais aussi de tout le « monde libre » ? Mais la liberté au contraire se fonde sur le respect du droit. Le monde s'est doté, avec les Nations unies, d'une charte et d'un droit international. L'expulsion des Palestiniens en 1947-1949 comme l'occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie dont Jérusalem-Est et de la bande de Gaza sont le conflit qui ont produit le plus de résolutions internationales, en dépit des veto répétés des Etats qui, au sein du Conseil de sécurité des Nations unies notamment, tels les Etats-Unis, soutiennent sa politique coloniale. Les dirigeants israéliens successifs n'en ont respecté aucune, bénéficiant d'une singulière impunité et de l'absence de toute sanction. Non, il ne s'agit pas d'un conflit de civilisations ou de religions. Il s'agit d'une occupation et d'une guerre coloniales qui n'ont que trop duré.

Cela suffit. Les bombardements israéliens doivent cesser sans délai. Le siège de la bande de Gaza doit cesser sans délai. Seule la paix mettra fin à ce cortège de la mort. Ses conditions sont connues : c'est le droit international. Seule manque la volonté politique des Etats pour l'imposer. Et cette complicité des Etats, à commencer par la France, doit elle aussi cesser pour donner enfin une chance à la paix et à la vie dans cette région.

Le Conseil de sécurité des Nations unies n'a adopté qu'un texte non contraignant et se contente de « demander » « l'arrêt immédiat de toutes les activités militaires » et la résolution de la « crise humanitaire ». Les Etats arabes, à l'origine de la proposition de paix de 2002, refusée à plusieurs reprises par Tel-Aviv et restée sans suite, n'ont décidé eux non plus d'aucune initiative. L'Egypte, qui annonce tenter de négocier un cessez-le-feu, continue à refuser l'ouverture de sa frontière avec la bande de Gaza, en dépit de manifestations populaires massives. Aux Etats-Unis, alors que George W. Bush aurait été averti à l'avance des frappes israéliennes la Maison Blanche, a comme il fallait s'y attendre, condamné le Hamas -le porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe, déclarant au sujet du Hamas : « ces gens sont des voyous »- et n'entend pas intervenir pour mettre un terme aux bombardements israéliens. Le futur président Barack Obama, lui, n'a pas réagi officiellement depuis ses vacances hawaïennes.

L'Europe dont la France ont d'autant plus une énorme responsabilité. Présidant l'Union européenne jusqu'à la fin du mois de décembre, la France, passant outre les cris d'alarme des dirigeants palestiniens et des militants de la paix, palestiniens, israéliens, européens, passant outre les réserves du Parlement européen, a pourtant été jusqu'à prendre la responsabilité ce mois-ci de rendre possible un « rehaussement » des relations économiques, commerciales, stratégiques... entre l'Union européenne et Israël. Comme un signe d'encouragement à la poursuite de sa politique. Une telle orientation est une incitation à poursuivre en toute impunité. Réunis à Paris le 30 décembre, les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l'Union européenne ou leurs représentants ainsi que le Haut représentant pour la PESC et la Commission européenne se sont contentés de le « proposer », sans l'exiger, un « cessez-le-feu immédiat et permanent » comme l'un des éléments de « sortie de crise ».

Nicolas Sarkozy, lui, a fait savoir qu'il recevra Tzipi Livni ce jeudi 1er janvier 2009 à 16H00 à l'Elysée. Trop, c'est trop.

Assez de morts, assez du siège, assez de destruction, assez de l'occupation. Il faut sanctionner les dirigeants israéliens jusqu'à ce qu'ils respectent enfin leurs propres engagements et le droit international. Un « rehaussement » des relations entre l'Union européenne et Israël n'est pas acceptable. Il faut au contraire suspendre immédiatement l'application de l'accord d'association entre l'UE et Israël. Et imposer une vraie conférence de paix dont seul le droit international peut être le fondement. C'est ce qu'exigent des milliers de citoyens qui manifestent dans toute la France. Des manifestations qui ont lieu aussi à Londres, à Madrid, à Rome, à Copenhague, à Ankara, à Stockholm...

C'est ce qu'exige la raison.


Source : ici

# Posté le mercredi 07 janvier 2009 10:56

le 3.01.2009

le 3.01.2009


Une manifestation, a Paris, qui a rassemblé au moins 21 000 personnes contre l'offensive militaire terrestre israélienne à Gaza.


"Samedi 3 janvier manifestations à Paris, Montpellier, Rodez, Aubenas, Privas, Orléans, Saint-Nazaire, Lyon, Saint-Etienne, Montélimar, Strasbourg, Poitiers

Gaza : arrêtons le massacre du peuple palestinien ! 1million et demi de personnes assiégées, affamées, bombardées depuis 18 mois, c'est une punition collective et donc un crime de guerre aux termes de la 4e convention de Genève art.33Bis. 1 million et demi de personnes qui subissent une agression d'une violence sans précédent de l'armée israélienne, c'est encore un crime de guerre !

L'union Européenne a donné le feu vert à Israël pour ce crime en décidant à l'initiative de sa présidence française, et contre le parlement européen, du « rehaussement » des relations Union Européenne -Israël. Nous, organisations du collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens signataires de cet appel, exigeons :
- L'arrêt du massacre
- La levée immédiate et totale du blocus
- La suspension de tout accord d'association entre l'UE et Israël
- Des sanctions immédiates contre Israël
- La protection de la population de Gaza et de tout le peuple palestinien"



Source : Campagne Civil Internationale pour la Protection du Peuple Pamestinien



# Posté le mercredi 07 janvier 2009 11:10